Risques pesticides

Sur la biodiversité :

Bien que les causes qui pourraient expliquer un tel déclin chez les insectes n’ont pas encore été étudiées de façon concluante, l’étude publiée sur PLOS ONE avance l’hypothèse que l’intensification de l’agriculture ait pu y contribuer

 

  • Une étude française sur le déclin des populations d’oiseaux et de chauves=souris https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-31511-bilan-onb-2018.pdf met en évidence le fait que les populations d’oiseaux sont particulièrement en déclin, et pas seulement dans les milieux agricoles et bâtis. En effet, les populations d’oiseaux généralistes, qui avaient connu une hausse au début des années 2000, « n’augmentent plus depuis 2006 ». Le nombre d’oiseaux des milieux agricoles a, quant à lui, chuté d’un tiers depuis 1989. Autre espèce qui subit un déclin : les chauves-souris. Elles ont connu près de 40% de baisse entre 2006 et 2016. En outre, d’après la liste rouge nationale des espèces menacées, sur le territoire français, métropole et Outre-mer confondus, l’ONB rapporte que « près d’une espèce vivante sur trois est en danger de disparition ». Selon ce bilan, la principale menace pour la biodiversité est l’utilisation de pesticides en agriculture. Le nombre de doses de produits phytosanitaires aurait augmenté de 18% entre les périodes 2009-2011 et 2013-2015. L’artificialisation du territoire constitue la seconde grande menace : les surfaces de prairies permanentes et les zones naturelles d’intérêt écologique, floristique et faunistique (ZNIEFF) diminuent d’année en année.
  • https://www.actu-environnement.com/ae/news/disparition-oiseaux-etudes-CNRS-Museum-catastrope-ecologique-30881.php4 Ces deux études mettent clairement en évidence la corrélation entre les baisses de population d’oiseaux et les pratiques agricoles intensives, même si elles ne démontrent pas scientifiquement le lien de causalité. En effet, alors que des espèces généralistes adaptables comme le pigeon ramier, le merle noir, la mésange charbonnière ou le pinson des arbres ne déclinent pas à l’échelle nationale, leur population diminue aussi lorsqu’elles fréquentent les milieux agricoles.

 

 

Sur la santé

  • En 2010 une étude sur le lien pesticides- leucémie http://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/4820/?sequence=85 La méta-analyse de Van Maele-Fabry et coll. publiée en 2010 avec des critères de sélection légèrement différents de ceux de Wigle et coll. (25 études publiées entre 1985 et 2008), arrive à des conclusions très proches : pas d’association avec l’exposition professionnelle du père globalement (mais hétérogénéité forte), une augmentation du risque de leucémie de l’ordre de 60 % en présence d’une exposition professionnelle maternelle aux pesticides pendant la grossesse, en particulier aux insecticides, et plus particulièrement pour les leucémies aiguës myéloïdes avec une très faible hétérogénéité entre les études
  • En 2018 une méta analyse https://www.anses.fr/fr/system/files/181002-PNREST-PlanCancer-DP.pdf ( page 7) établi un lien entre l’exposition domestiques aux pesticides ( en particulier insecticides) et un risque accru de cancers ( leucémie, tumeur cérébrale) chez l’enfant sans toutefois établir une causalité . Dans leur publication, Geneviève Van Maele-Fabry (Louvain) et Laurence Gamet-Payrastre (Toulouse) affirment que l’augmentation du risque de leucémie ou de cancer du cerveau est bien significative pour les expositions domestiques, principalement pour les expositions en période prénatale. « Des augmentations de risque ont été constatées pour plusieurs sous-groupes et plus particulièrement pour des expositions résultant d’un usage en intérieur, impliquant des insecticides et pour les gliomes (une forme agressive de cancer du cerveau ndlr)« , expliquent-elles. « Des augmentations significatives de risque ont été observées pour les deux principaux types de leucémies, aiguë lymphoblastique (LAL) et aiguë myéloblastique (LAM), principalement pour une exposition pendant la grossesse, à l’intérieur, à des insecticides, quel que soit l’âge au moment du diagnostic », peut-on également lire dans leur publication.
  • EXPOPESTEN étude dirigée par l’ISSeP, cette étude a enregistré des mesures autour de 12 stations réparties sur le territoire wallon. Au total, 46 pesticides différents ont été analysés tout au long d’une année et dans 12 localités. Sur les 46 substances actives recherchées, ce sont surtout des herbicides et des fongicides qui ont été retrouvés. C’est dans les localités agricoles de Gembloux, Louvain-la-Neuve, Tinlot et Dour et à Charleroi que les moyennes des concentrations totales mesurées sur l’année ont été les plus élevées. Les concentrations maximales ont été mesurées à Gembloux et Louvain-la-Neuve. Le nombre de substances actives et la concentration moyenne étaient les plus élevés à Oupeye (localité fruitière) et les moins élevées à Waimes.
  • PROPULPP Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont aussi passé un chiffon sur les jeux installés dans les cours de récréation. Les analyses sont peu équivoques : les modules sur lesquels les enfants s’égayent sont recouverts de pesticides, une vingtaine de substances en moyenne. D’autres mesures comparables ont été réalisées à l’intérieur des écoles, dans les classes, au sol et sur les appuis de fenêtre. Même constat : des dizaines de pesticides différents s’insinuent dans les bâtiments, sans doute avec la poussière ramenée de l’extérieur sur les chaussures des enfants. Dans une classe, ce sont pas moins de 39 substances différentes qui ont ainsi été mesurées ! Les quantités sont assez faibles. Mais cette exposition aux pesticides dans l’air s’ajoute évidemment aux autres sources d’exposition, principalement la voie alimentaire. De plus, on mesure encore très mal ce que les chercheurs appellent « l’effet cocktail« , à savoir le fait que la combinaison de plusieurs pesticides peut démultiplier leur nocivité.
  • Bruno schiffers : des pesticides sur les bancs d’écoles. https://matheo.uliege.be/bitstream/2268.2/5105/4/TFE%20Bergiers%20Guillaume.pdf