Communiqué de presse 2018

Le Gouvernement Wallon a déposé un projet d’arrêté relatif à une application des pesticides compatible avec le développement durable.
Nature & Progrès félicite le Gouvernement Wallon pour son projet d’arrêté et pour son travail relatif à la protection des citoyens contre l’exposition aux pulvérisations de produits pharmaceutiques.
Toutefois, Nature & Progrès déplore les mesures insuffisantes reprises dans cet arrêté. En effet, les mesures exposées relèvent principalement du bon sens et de la bonne pratique agricole.

CP pour pulvérisation

C’est pourquoi, dans une lettre au Ministre de l’Environnement, Nature & Progrès rappelle que les propositions ne vont pas assez loin. L’initiative de prendre des mesures pour protéger la population des dérives de pulvérisations est importante, mais n’oublions pas non plus l’impact des dérives sur l’entomofaune des espaces naturels proche des cultures traitées ainsi que la pollution des cultures bio. Pulvériser sans dérive est possible et se fait de façon courante par exemple lorsqu’un traitement au Roundup est réalisé en bordure d’une autre culture. Empêcher la dérive est donc réalisable les techniques et le matériel existent déjà.

Nous pensons également important d’évaluer l’opportunité d’ajouter la limitation voire l’interdiction de jets à petites gouttes (≤ 200 microns, buse à turbulence) c.à.d. la nébulisation sur l’ensemble des parcelles, ce type de buse pouvant provoquer d’importantes dérives. Mais une recherche plus approfondie doit être réalisée à ce sujet.
Une réflexion devra être menée pour la mise en place d’écrans anti-dérive et/ou traiter les zones avec des pulvérisateurs tunnel.

Concernant les propositions du Gouvernement Wallon, nous proposons d’aller plus loin :

1) L’obligation d’utiliser des buses qui réduisent les dérives de minimum 50%
Les buses qui réduisent les dérives de 50% devraient être la norme pour les traitements en plein champs et en zones d’habitats, il faudrait opter pour un minimum de 75% de réduction de dérive.

2) L’interdiction de pulvériser lorsque la vitesse du vent est supérieure à15km/h
En France, il y a un arrêté ministériel qui interdit de pulvériser lorsque la vitesse du vent est supérieure à 19km/h. En Belgique, le CRAw déconseille déjà la pulvérisation au-delà de 15km/h et il est donc important de l’interdire. Des anémomètres doivent donc être prévus sur les pulvérisateurs en plus des observations qui permettent de déterminer la vitesse du vent.

3) L’interdiction de pulvériser à moins de 6 mètres des bords de toute parcelle qui jouxte un lieu d’habitation ou de travail
Il est en effet déjà interdit de traiter à moins de 6 mètres de cours d’eau. Une zone tampon est une bande de terrain sur laquelle l’application de pesticides est interdite (à l’exception de traitements localisés contre certains chardons, rumex et plantes exotiques envahissantes). Il est donc important d’avoir des zones tampon également près des lieux fréquentés par la population.

4) L’interdiction de pulvériser entre 8h et 16h sur les parcelles de cultures et/ou de prairies situées à moins de 50 mètres d’un lieu d’habitation ou fréquenté par le public.

Nous sommes favorables à la mise en œuvre de cette mesure qui répond aux bonnes pratiques de pulvérisations des pesticides.

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5) L’interdiction de la nébulisation

Dans certains cas les pesticides sont appliqués à l’aide de pulvérisateurs permettant le traitement à faibles doses et à vitesse élevée. Généralement ces pulvérisateurs utilisent des jets permettant le traitement de micro- gouttes (90 – 300 microns). Le brouillard permettant une meilleure couverture du végétal, une attention devrait être portée à ce type de pulvérisation plus proche du traitement en aérosol, le produit nébulisé étant plus volatil, le risque est accru d’avoir une dérive sur de longue distances. Ne faudrait-il pas évaluer et définir des grosseurs de gouttes minimum? Des recherches devraient être menées en ce sens. Durant une inversion thermique , les grosses gouttes de pulvérisation tombent rapidement, mais les gouttelettes, plus légères, tombent très lentement (quelques centimètres par seconde). Elles ne se dispersent pas. Elles flottent plutôt dans l’air frais et s’évaporent très lentement, sur de grandes distances. Ces petites particules, ainsi que les vapeurs des produits qui se volatilisent, peuvent se déplacer sur des kilomètres.

6) Les informations sur les pulvérisations effectuées
Les pulvérisations des pesticides impactent notre environnement et dans certains cas notre santé, de nombreux riverains s’inquiètent d’ailleurs de l’impact des pesticides sur leur santé. Il serait intéressant qu’une information concernant les pulvérisations soit mise à disposition du public, information qui reprendrait les caractéristiques du produit pulvérisé, les parcelles concernées et les conditions de traitement.

7) Mesures de contrôle.
Enfin, il est également important de s’assurer que les nouveaux règlements soient bien respectés par les agriculteurs et que des contrôles soient réalisés. Il s’agit de contrôles des pratiques des agriculteurs ainsi que de résidus dans les zones d’habitats à la limite des parcelles traitées. De plus, les agriculteurs qui ne respecteraient pas les règlementations devraient avoir un retrait de leur phytolicence.

Pour Nature & Progrès, il faut absolument travailler sur les alternatives aux pesticides. N’hésitez pas à visiter ce site, consacré à notre campagne  » Vers une Wallonie sans pesticides, nous y croyons !  »

Contact presse :
Marc FICHERS, secrétaire général de Nature & Progrès
Tél. 081/32.30.52 – GSM. 0473/65.36.32

Anne-Sophie GODART, chargée de communication de Nature & Progrès
Tél. 081/32.30.53 – GSM. 0479/27.64.74

 

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