Les alternatives aux pesticides en prairies Wallonnes

Carte fermes alternatives

A)

80 ha

Cultures : prairie permanentes (31 ha), prairies temporaires (14 ha), céréales fourrager (7 ha), céréales panifiables (12 ha), pommes de terre (15 ha), maraîchage.

Animaux : poulets et bovins (mixte bleu belge, pie noire du pays).

Alternatives aux pesticides en prairie :

Général : faucheuse de refus.

Chardons : faucher avant un orage pour qu’elles pourrissent.

B)

23 ha.

Cultures : 9 hectares de prairies permanentes « forcées » (car terrains lourds et pentus), le reste est en rotation : trois années de suite mélange de prairies temporaires et deux années de suite mélange de céréales fourragers.

Animaux : 2 chevaux de trait, 2 ânes, 4 poneys, 75 chèvres (laitières).

Alternatives aux pesticides en prairie :

Général :

La gestion de la fertilisation se fait par la gestion du pâturage. On ne laisse pas les animaux pâturer plus de 3 jours consécutifs. Pour cela est utilisé une clôture mobile (4 fils avec piquets) ce qu’on appelle le pâturage au fil. Pour des raisons sanitaires les chèvres ne reviennent pas avant 40 jours au même endroit et on alterne avec la fauche ou les chevaux. Les chevaux mangent plus ras et nettoient la prairie des parasites. Le pâturage ras fait également du bien aux graminées. Les crottins des chevaux sont éparpillés pour éviter la formation de vides. Après le pâturage des chèvres, il n’est pas nécessaire d’ébouser ou de passer à la herse étrille. Des refus se forment lorsque les animaux restent trop longtemps au même endroit. En effet, là où les animaux urinent de trop, les animaux ne mangent pas l’herbe.

La lutte biologique grâce au scarabée du rumex (Gastrophysa viridula) peut affaiblir la plante de rumex, mais ce n’est pas efficace à 100%.

Les chèvres ont une faible résistance aux parasites. Pour éviter l’usage des vermifuges, voici 5 mesures à prendre contre le parasitisme :

  • Sélection du troupeau (choisir des lignées résistantes).
  • Mettre dans le mélange prairial du lotier, du sainfoin ou du trèfle violet riche en tannins et avec des propriétés vermiseptiques.
  • Cycle de pâturage le plus long possible en intercalant des chevaux ou ânes qui sont herbivores et non-ruminants (pas les mêmes familles de parasites).
  • Alterner le pâturage avec la fauche.
  • Haies : prunelier, armoise. Faire du foin d’arbres.

Alterner fauche/pâturage (prairie temporaires).

Pour démonter une prairie on utilise un cultivateur à dents = déchaumeur. On peut limiter le passage à la charrue. Il est préférable de commencer à démonter une prairie très tôt (fin août) pour être dans des conditions pas trop humides.

Rumex : Les chèvres le mangent, sauf s’il y en a de trop. Par contre, les chevaux le détestent. Les chevaux vont même favoriser le rumex car ils ont tendance à compacter le sol. Le rumex est une plante indésirable mais nous pouvons quand même dire qu’elle nous rend service car elle décompacte le sol avec ses grandes racines. 5 coupes/an sont réalisées si le pâturage n’est pas assez intensif. Mélange fourrager avec du plantain, chicorée fourragère, colza fourrager = décompacteur (racine pivot). Afin d’anticiper le rumex, on sème une espèce qui prend le relais de la fonction du rumex, c’est-à-dire la chicorée fourragère qui a une bonne racine pivot. Contrairement au rumex elle a une bonne appétence et une bonne production de feuilles. Le seul problème de la chicorée fourragère est que quand elle monte en tige celle-ci est fort fibreuse et ne sèche pas bien. C’est donc un bon mélange pour le pâturage intensif mais pas pour faucher. C’est acceptable pour du pré-fané mais pas pour du foin. La chicorée est une gardienne de la structure du sol et a une repousse plus rapide que la luzerne. Le colza fourrager d’hiver est une annuelle qui va structurer et drainer le sol. Cette crucifère a un effet allélopatique sur la levée de rumex comme la luzerne, le seigle et l’avoine. Attention au trèfle violet qui semble par contre favoriser le rumex. Ce mélange est à la base un mélange pour bovins développé en Angleterre sur des terrains séchants (chicorée fourragère (2kg/ha) – plantain lancéolé (1kg/ha) – trèfle violet ou trèfle hybride).

Chardons : alterner chevaux et chèvres + faucher les refus + arrêter l’azote minérale (azote lessivé) = nitrophile. On peut également retrouver des chardons là où le sol est trop riche: épandage de compost ou fumier trop noir, trop d’excréments à un endroit. Des endroits sur-pâturés (avec des moutons par exemple) sont également des endroits où l’on retrouve des chardons. Les ânes mangent les chardons mais pas les chevaux. Les chèvres mangent aussi les chardons, mais ne vont pas manger ras et nous ne les laisserons pas manger ras car il y le risque des parasites.

Orties : Sur les zones trop riche, c.-à-d. trop d’azote par rapport aux autres éléments on retrouve aussi des orties. Les orties, il faut les faucher et les exporter.

C)

74 ha

Cultures : prairies, céréales panifiables, céréales fourrager, pommes de terre.

Animaux : poules, bovins.

Alternatives aux pesticides en prairie :

Général : faucheuse de refus.

Rumex : arrachage à la bêche.

Chardons : arrachage à la main, faucheuse de refus.

D)

40 ha

Cultures : 1/3 de prairies temporaires, 1/3 de prairies permanentes et 1/3 de céréales (dont 10 à 15% de céréales panifiables et le reste de mélange fourrager), 50 ares de pomme de terre et 30 ares de culture maraîchère.

Animaux : poulets, 250 poules pondeuses, 6 truies, 30 à 40 cochons, 24 vaches laitières, 15 brebis.

Alternatives aux pesticides en prairie :

Général :

Le pâturage au fil est exercé ce qui explique que le passage à la faucheuse de refus est très faible. Par contre, avec ce système il faut éviter le surpâturage. En prairie permanente, l’entretien de la prairie est important : hersage, sursemis, roulage.

Parmi les machines qui permettent de gérer les plantes indésirables, il y a la herse étrille qui contribue à la gestion des plantes indésirables comme des pâturins, mourons, mousses,… Elle permet un ébousage, émiette l’engrais de ferme épandue en hiver, et élimine le surplus de litière et matières organiques mortes en surface,  favorise le tallage des graminées, stimule la vie du sol, la minéralisation et croissance des plantes (aération et infiltration des pluies) et aplanit le sol après piétinement excessif par pâturage.

Plusieurs erreurs de gestion de prairie peuvent favoriser les refus : sous-pâturage, hauteur de l’herbe trop élevé à l’entrée des animaux, épandage des engrais de ferme dans de mauvaises conditions,… Pour rétablir cela on peut utiliser une faucheuse de refus mais également faire du pâturage mixte ou alterner fauche/pâture.

La déchaumeuse munie de dents et d’ailettes permet de détruire une prairie.

Le rototiller est également un outil qui peut détruire une prairie par un travail superficiel du sol.

Rumex : arrachage des racines (ACTISOL) et laisser dessécher, herse étrille.

Chardons : faucheuse de refus après pâturage (pas trop court pour que pluie entre dans la tige et pourrisse) et donc affaiblissement.

E)

64 ha.

Cultures : 50 % de prairies permanentes, 25 % de prairies temporaires implantées sur 3-4 ans (Ray-grass anglais, hybride, trèfle et luzerne (30-35 %), 4 coupes (2 ensilages, 1 foin, 1 ensilage ou 2 de chaque selon le temps). 25% de céréales (triticale ou épeautre (jeune bétail), avoine, pois). Ferme en autonomie totale.

Animaux : bovin laitiers et bovins viandeux. 60 vaches laitières (jersey) et pour les bovins viandeux (salers). La ferme a aussi des cochons.

Alternatives aux pesticides en prairie :

Général : pâturage tournant.

Rumex : arrachage main.

Chardons : fauche répétée avant floraison.

F)

Cultures : prairies, céréales fourragers, céréales panifiables, maraîchage,…

Animaux : bovins, poules,…

Alternatives aux pesticides en prairie :

Général : pâturage tournant.

Rumex : arrachage main, troupeau de génisse après les vaches.

Chardons : faucheuse de refus.

G)

Cultures : 2/3 de prairies ; 1/3 cultures.

Animaux : élevage bovin (race limousine).

Alternatives aux pesticides en prairie :

Général : pâturage tournant.

Durant une grande partie de la saison les bêtes tournent sur une douzaine de parcelles (vaches accompagnées de leur veau et génisses). Il y a quatre parcelles pour les taurillons en engraissement. A la fin de la saison toutes les vaches en prairies disposent de toute la surface, ce qui permet de satisfaire leurs besoins alimentaires.

Dans les prairies pâturées permanentes, la mauvaise herbe est le rumex. Les autres adventices sont présents très ponctuellement dans les endroits sous les clôtures (ortie ou chardon).

Dans les terres de cultures, la prairie temporaire intervient dans la rotation, elle est implantée pour 2 ou 3 ans. Elle subit en moyenne 4 coupes par an, c’est un bon moyen de nettoyer la parcelle. Dans les terres de cultures, la rotation avec les prairies temporaires permet de résoudre une partie des problèmes de désherbage.

Labourer une fois tous les deux ou trois ans, pas systématiquement mais quand c’est nécessaire. Au labour, l’agriculteur associe le déchaumage qui est fait plus systématiquement. De même, l’implantation de cultures dérobées, qui, après le déchaumage évite le salissement des parcelles.

Rumex : Contre le rumex qui est présent en petite quantité mais qui est disséminé dans les parcelles, la lutte contre l’adventice consiste à passer la bèche dès la fin du mois d’avril ou mai, afin d’essayer d’en arracher le plus possible et quand c’est impossible (exemple : le temps est trop sec), les rumex sont fauchés de façon à éviter qu’elles s’ensemencent.

Chardons : Il y a un passage ou deux durant la saison à la débrousailleuse.

Orties : Il y a un passage ou deux durant la saison à la débrousailleuse.

H)

Cultures : prairies, cultures fourragères,…

Animaux : bovins.

Alternatives aux pesticides en prairie :

Général :

Les chardons et les rumex posent des problèmes dans les prairies. Pour bien expliquer la technique de lutte contre ces plantes indésirables, il est important de faire la distinction entre les prairies permanentes qui sont principalement pâturées et les prairies temporaires qui sont destinées à la fauche.

Rumex :

Les rumex dans les prairies permanentes: Les rumex sont arrachés à l’aide d’une fourche à rumex avant l’entrée des vaches dans une parcelle et ils sont emportés hors de la parcelle. C’est donc un travail qu’il faut effectuer régulièrement durant une bonne partie de la saison de pâturage. Il est très important d’éviter la formation de graines et leur dispersion dans les prairies. C’est une technique qu’ils utilisent depuis de nombreuses années, ce qui explique qu’ils sont peu présents dans leurs prairies pâturées.

Les rumex dans les prairies temporaires: Si des rumex sont présents dans un champ avant l’implantation d’une prairie temporaire, il est important de bien travailler le sol à l’aide d’outils à dents (chiesel, cultivateur) afin de ramener les racines à la surface du sol et de les faire sécher au soleil. Ces racines seront ensuite enfouies soigneusement en fond de sillon par un labour. Cette technique permet d’éliminer un grand nombre de ces rumex. Ensuite, avant chaque fauche ou durant la fauche, ils arrachent les nouveaux rumex à l’aide d’une fourche à rumex. Cela représente un travail important, mais indispensable si on veut éviter la prolifération de ce véritable ennemi de l’agriculture biologique.

Chardons :

Les chardons dans les prairies permanentes: Les chardons sont fauchés au stade bouton floral avant l’entrée des vaches dans une parcelle, c’est à dire toute les 6 semaines. Cela permet d’éviter leur extension et provoque progressivement leur disparition.

Les chardons dans les prairies temporaires: La culture de la luzerne pendant deux ans sur un champ permet d’éliminer durablement les chardons. Comme cette culture entre régulièrement dans leurs rotations, ils rencontrent très peu de chardons dans leurs prairies temporaires et dans les autres cultures.

I)

44 ha

Cultures : 28 ha de prairies permanentes et temporaires. 12 ha de céréales (froment, épeautre panifiable ; orge ; orge-avoine-pois). 1ha de chanvre. 1ha 50 de pommes de terre. 4 ha de maraichage.

Animaux : 50 bovins viandeux de race principalement Blonde d’Aquitaine, 18 porcs.

Alternatives aux pesticides en prairie :

Rumex : Pâturage.

Chardons :

En prairies permanentes : faucher avec gyrobroyeur ; fatiguer avec pirouette du foin ; destruction avant la floraison.

En prairies temporaires : rotations, première fauche tôt et ne pas récolter pour que l’herbe prenne le dessus.

Orties : débroussaillage.

J)

45 ha

Cultures : pommes de terre. Rotation de 7 ans (pommes de terre – prairies temporaires) sur 10-12 ha. Le reste est en prairie permanente.

Animaux : Blanc dos (race du pays d’Herve). 30 vaches laitières et des bœufs à l’engraissement.

Alternatives aux pesticides en prairie :

Général : hersage régulier, pâturage tournant (3 jours/prairie).

K)

15 ha

Cultures : prairies, céréales, maraîchage.

Animaux : bovins.

Alternatives aux pesticides en prairie :

Général : éviter les vides, prairie dense.

Rumex : déchaumage (actisol), chaulage.

Chardons : faucheuse de refus.

L)

43 ha

Cultures : uniquement prairie temporaire et permanente.

Animaux : 25 vaches jersey et 280 moutons viandeux.

Alternatives aux pesticides en prairie :

Général : faucheuse de refus.

M)

Cultures : prairies.

Animaux : chèvres, brebis, vaches.

Alternatives aux pesticides en prairie :

Général : chèvres, brebis, vaches en pâturage tournant.

Rumex : pâturage tournant.

Chardons : faucher (3-4 fois/an).

N)

98 ha

Cultures : 80 ha en prairies permanentes et environ 18 ha de grandes cultures (orge, avoine, pois) pour l’alimentation des bovins dont une petite partie en prairie temporaire, en tête de rotation. 4 serres tunnels pour les tomates + 1 petite serre pour les semis + 60 ares pour le maraîchage « pleine terre » + 1ha 20 pour les cucurbitacées + 70 ares pour les pommes de terre.

Animaux : poulets, bovins, chevaux et daims.

Alternatives aux pesticides en prairie :

Chardons : fauche répétée avant floraison + ébousage plusieurs fois.

O)

70 ha

Cultures : 20 ha de prairie et 50 ha de cultures (épeautre, triticale/avoine/pois, prairie temporaire en rotation sur 4 ans). 1 ha de prairie permanente (permet la rotation du pâturage (+- 15 jours puis les vaches changent de parcelle). 40 ares de maraîchage.

Animaux : 45 vaches laitières de race Holstein (3 jersey, croisement kiwi) et leurs descendances  +- 100 bêtes. Des chevaux en pension occupent une prairie.

Alternatives aux pesticides en prairie :

Rumex : faucheuse de refus, resemis.

P)

Cultures : céréales, 2 ha de prairie temporaire, 22ha de prairie permanente.

Animaux : bovins.

Alternatives aux pesticides en prairie :

Général : pâturage, fauche, apport compost, ébousage.

Rumex : peu de rumex, faucheuse de refus, resemis.

Chardons : fauche répétée avant floraison + ébousage plusieurs fois.

Q)

62 ha

Cultures : prairies, céréales,…

Animaux : poules, bovins (race blanche d’Aquitaine).

Alternatives aux pesticides en prairie :

Rumex : longues rotations avec céréales immatures pour bovins.

Chardons : faucheuse de refus toutes les 3-4 semaines + ébousage.

Orties : faucheuse de refus toutes les 3-4 semaines + ébousage.

R)

95 ha

Cultures : 15 ha de prairies permanentes, 70 ha de prairie temporaires, 10 ha de céréales fourragers.

Animaux : 45 vaches laitières (pie noir, pie rouge, quelques mixtes). 25 vaches allaitantes (blondes d’aquitaines. 35 chèvres.

Alternatives aux pesticides en prairie :

Général : rotation, herse étrille, fauche (max 4 fois), labour.

Chardons : chèvres nettoient bien les prairies.

S)

150 ha

Cultures : maraîchage, céréales, prairies.

Animaux : élevage d’Angus (bovin viandeux), poulets.

Alternatives aux pesticides en prairie :

Général : Actisol, faucheuse, rotation des cultures.

Rumex : il y en a dans les praires, mais le rumex pose vraiment problème dans les champs de céréales. Le rumex peut se retrouver dans le compost (même si celui-ci est chauffé), il y a toujours un risque. Une année un insecte est venu manger les feuilles et les tiges de rumex ce qui a beaucoup affaibli les rumex (ça ne s’est produit qu’une fois).

Chardons : fauche

Orties : fauche.

T)

Cultures : prairies et céréales fourragers.

Animaux : brebis.

Alternatives aux pesticides en prairie :

Rumex : faucheuse de refus, houe.

U)

23 ha.

Cultures : prairies.

Animaux : poules pondeuses, moutons, cheval de trait pour traction animale, 3 ruches et 6 lapins pour la consommation personnelle.

Alternatives aux pesticides en prairie :

Général : herse étrille.

Chardons : les moutons mangent les jeunes pousses de chardons ; faucher tôt.

V)

30 ha

Cultures : prairies temporaires et permanentes + cultures: mélange alimentaire pour les animaux exclusivement : épeautre/avoine/pois ou triticale/avoine/pois.

Animaux : 50 chèvres (Saanen, Alpine, Anglo-nubienne) et 60 brebis. Pâturage tournant environ une fois par semaine.

Alternatives aux pesticides en prairie :

Général : faucheuse de refus, fauchage régulier et ébousage. Epandage de compost sur prairie permanente mais pas sur prairie temporaire. Nettoyage avec une herse avant de semer.

Rumex : faucheuse de refus.

Orties : passage de la débrousailleuse (très ciblé autour des clôtures et des arbres).

W)

Cultures : prairies.

Animaux : bovins.

Alternatives aux pesticides en prairie :

Général : pâturage intensif (5 mars, mi-décembre) + bon piétinement = herbe dense.

Rumex : 3 ans avec génisses, pâturage très tôt au printemps.

Chardons : faucher 3-4 fois par an.

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