Rencontre à la ferme de Neubempt

  • Présentation de la ferme de Neubempt

Remi Hardy est installé à la ferme de Neubempt, dans le Pays de Herve situé dans la région des trois frontières, depuis 1985. Orientée vers l’élevage laitier et la polyculture son exploitation privilégie le circuit court avec la vente de la production directement à la ferme et le tourisme vert par l’accueil dans ses deux gîtes ruraux. Aujourd’hui, son exploitation agricole compte 35 hectares (ha) dont la plupart de ses prairies sont permanentes à l’exception de parcelles qu’il voue à la culture des pommes de terre. Il y élève 35 vaches et deux bœufs. C’est en 1998 que la ferme de Neubempt est passée en agriculture biologique. Entre temps, le fermier a rencontré l’agronome Michel Sencier et l’Union Nationale des Agrobiologistes Belges (UNAB). En s’inscrivant à l’UNAB il a bénéficié de formations techniques et agricoles, autres que celles qu’il avait apprises par les Centres d’Etudes Techniques Agricoles (CETA).

 

Prairie ferme de Neubempt 2

Remi Hardy se définit comme « néo-rural » même si ses parents étaient fermiers. Il n’a pas fait d’études d’agronomie et n’avait jamais pensé reprendre la ferme de ses parents. Il a repris la ferme à l’âge de 25 ans, au départ comme métier alimentaire. Il a commencé à faire des céréales, des cultures de pommes de terre. Il y a deux ans, l’agriculteur était en autonomie totale avec ces céréales, cependant, il a dû arrêter de produire des céréales à cause des ravages effectués par les sangliers sur les cultures. Quand il était en agriculture conventionnelle, il produisait 6000 litres de lait (ce qui était une moyenne normale), en passant au bio cela a légèrement diminué puis augmenté grâce aux techniques prônées par Michel Sencier.

Remi Hardy et consommateurs

Remi et Véra Hardy entourés de producteurs et consommateurs présents lors de la rencontre en ferme du samedi 2 décembre 2017.

Un gîte à la ferme a été ouvert en 2005, aujourd’hui un deuxième gîte est en construction.

Son troupeau de vaches « Blanc Dos » est une ancienne race mixte du pays de Herve. En 2009, il a commencé à faire la transformation du lait. Ils produisent depuis des maquées (fromages) et des yaourts.

Frigo yaourtImage vaches

 

 

 

 

 

Les yaourts et les vaches du troupeau de Remi Hardy.

 Image prairie

Prairie de la ferme de Neubempt

Le fermier est passé à la mono-traite il y a un an, en novembre 2016. Les vaches sont traites qu’une  seule fois par jour, le matin diminuant de fait la production mais lui permettant de disposer d’une vie « sociale » plus agréable. Il produit également de la viande (bœuf de trois ans et veau).

Il a arrêté la production de céréales mais garde ½ hectare de pommes de terre qu’il vend en direct à la ferme et dans les magasins biologiques en circuit court. Concernant les maladies de la pomme de terre, il arrive à la plante (feuilles) d’attraper le mildiou mais la pomme de terre de variété Nicola qu’il sème est résistante à la maladie.

Remi Hardy a aménagé un espace de vente directe où les clients peuvent se servir en yaourt et pommes de terre en libre service.  C’est un système qui repose sur la confiance entre le fermier et ses clients, car les consommateurs peuvent se servir même quand celui-ci et sa femme sont absents.

Pour se mettre aux normes actuelles, il a investi dans un « container » aux normes agro-alimentaire actuelles où il transforme le lait en yaourts et maquées.

Distributeur de yaourtRemi Hardy et ses yaourt

Remi Hardy devant le distributeur de yaourts.

Des matériaux écologiques et de proximité ont été utilisés pour construire le gîte à la ferme. Il a  utilisé des matériaux tels que de la paille produite sur place, de l’argile et du bois (frêne) pour les poutres.

Un lagunage avec des graviers et des plantes épurent les eaux usées de la fromagerie, des gîtes et de l’habitation. L’eau passe par 2 fosses septiques pour ensuite passer par des bacs de graviers étanches. Il faut environ 40 jours pour que les plantes épurent l’eau.

Plantes dépolluantes

Les plantes du lagunage.

Les vaches vivent dehors sur de la paille. Un abris devrait être installé dans peu de temps pour les protéger des intempéries.

Vaches

  • Visite des prairies avec les alternatives aux pesticides en prairie

Concernant les adventices (plantes indésirables) en prairies, les plus dérangeantes pour la culture sont les chardons et les orties ; les pissenlits ne sont pas considérés par Remi Hardy comme des mauvaises herbes. Le hersage régulier est très important contre les chardons, la mauvaise herbe se développe surtout quand du fumier est piétiné en surface. Après le passage des vaches, les prairies sont hersées. Les orties disparaissent soit avec la faucheuse de refus ou la herse. Le rumex s’installait souvent avec les céréales mais celui-ci disparait peu à peu. Les prairies ont tendance à se « reprendre » naturellement, l’agriculteur avait repris des prairies à chevaux d’un voisin et en deux ans il y a des petites taches d’orties et de rumex mais cela se passe bien. Quand des orties repoussent, il passe à la faucheuse de refus.

Prairie arbres

La première prairie que l’on visite est une prairie où il n’y a pas de passages de machines comme la faucheuse de refus ou la herse étrille où on peut plus facilement observer des chardons. Toutes les autres prairies sont passées à la herse étrille et quand il y a trop de refus avec la faucheuse de refus. La grande partie des prairies sont pâturées et le pâturage est tournant. Ce sont des prairies de +- 1,5 ha dans lesquelles les vaches tournent. Elles restent 2-3 jours dans chaque prairie. Le peu de prairies en trop sur la ferme sont fauchées.

Prairie arbres 2

Nous passons ensuite sur un ancien champ de pomme de terre qui était fort envahi de mauvaises herbes car il avait été butté qu’une seule fois. Les pommes de terre (variété Nicola) ont été récoltées fin septembre et on a ressemé le 15 octobre manuellement un reste de céréales (triticale/avoine/pois) et principalement de l’avoine (pour avoir une couverture d’hiver). Au printemps, il ressèmera une prairie (Sencier n°4). On observe une racine de rumex qui a été posée sur le sol et où les racines redémarrent. Quand on fait un désherbage manuel, il vaut mieux ramasser les racines de rumex pour les exporter du champ.

Racine rumex

Racine de rumex

On remarque du pâturin annuel qui fleurit toute l’année. Il est très peu productif et envahi tous les vides. Il a un système racinaire très superficiel et ne produit pas bien dès qu’il fait sec. Il est fréquent en prairie de fauche pure.

Pâturin annuel

Pâturin annuel

On passe ensuite à la prairie suivante. On observe l’endroit où Remi étale ses lignes de compost, là où la terre est plus abimée et dit qu’il ressème là où c’est nécessaire. Le reste de la prairie est un vieux Sencier n°4.

Prairie 4

Prairie Sencier n°4

On observe ensuite de la fléole (herbe à foin) qui fleurit le plus tard au printemps (mois de juin). Elle a une feuille claire et la base de la plante est comme un bulbe d’oignon avec une préfoliaison (manière dont la feuille se plie dans son  bourgeon) enroulée. Elle est bien dans des prés un peu humides. C’est la meilleure graminée après le ray-grass. (à ne pas confondre avec le vulpin qui fleurit tôt et est source de refus car il pousse fort mais n’a pas un bon rendement et n’est pas intéressant pour les vaches).

Fléole

Fléole

Image groupe 2 décembreImage groupe 2 décembre 2

Ensuite nous passons sur une autre prairie qui a été labourée pour des pommes de terre et des céréales avant l’installation de la prairie.

Prairie rumex 1

Nous pouvons constater sur la prairie où il y a eu des céréales (avec des dégâts de sangliers) que des rumex sont présents. Dans les mélanges Senciers, les trèfles ne font pas de météorisation (quand il fait froid et que les vaches mangent beaucoup de trèfles, un gaz peut se former dans leur panse qui écrase leurs poumons, ce qui les étouffe).

Ensuite nous observons des trèfles mangés par des sitones. Ces insectes mangent les feuilles des légumineuses et leurs larves les nodosités (excroissance sur les racines des plantes). On observe également du dactyle avec une couleur assez claire. Cette graminée est productive dans les terrains très séchant et c’est la graminée la plus riche en protéines. Par contre, elle manque de sucres.

  • Présentation des alternatives aux herbicides en prairie par biowallonie

M. Silvestre commence son exposé en parlant des aspects sociaux des plantes indésirables. Dans les discutions d’agriculteurs on entend souvent : « il a du rumex, c’est un mauvais fermier ou c’est un bio ». Du moment que le niveau d’infestation est acceptable, on peut laisser le rumex. Par contre, trop de rumex peut engendrer une perte économique. C’est une plante nitrophile (plante ayant besoin de nitrates) qui n’a jamais soif et qui est allélopathique (c’est-à-dire qui rentre en concurrence avec le développement d’autres plantes). Il faut donc la maîtriser et éviter qu’elle ne se développe. La maîtrise des adventices en prairie bio, c’est plus de travail, en passant en bio, l’agriculteur doit réapprendre à faire de l’agronomie !

On prend en revue les plantes indésirables les plus courantes :

Le rumex a des yeux dormants sur les premiers  centimètres de ses racines. Le rumex crépu a des yeux dormants sur les 4 premiers centimètres. Le rumex à feuilles obtuses sur les 8-10 premiers centimètres. Il vaut donc mieux travailler la terre à 10 cm pour éviter de couper au-dessus des yeux dormants. Le rumex produit 50 à 60.000 graines par plant. La graine a besoin de lumière pour germer. Le stock semencier peut vivre jusque 80 ans. Ce ne sont pas des graines qui volent, elles tombent au pied du plant de rumex.

Le chardon des champs a beaucoup de rhizomes (racines horizontales et verticales) qui sont des systèmes de multiplication très puissants. L’été et l’automne le chardon recharge ses réserves au niveau de son système racinaire pour passer l’hiver. Au printemps, il n’a presque plus de réserves et dès que les nouvelles feuilles arrivent, elles vont recharger les racines car elles font de la photosynthèse (point de compensation). Au printemps, les jeunes pousses de chardon sont les plus vulnérables. Le stade bouton est le deuxième moment où elles sont le plus faible (juin) car la racine est déchargée. Quand l’eau tombe dans la tige fauchée, elle fait pourrir le chardon. Le chardon ne supporte pas d’être fauché souvent. Dans les champs, un bon moyen pour éliminer les chardons, c’est de planter de la luzerne dans les rotations. La luzerne a un système racinaire très puissant et concurrentiel du chardon avec des fauches régulières. Il faut semer la luzerne en soirée ou la nuit car la bactérie qui est inoculée avec la luzerne est très sensible à la chaleur et à la lumière. On peut faire des mélanges : luzerne avec fétuque élevée, dactyle et trèfle. Afin d’obtenir un fourrage propre, le mélange peut être semé sous le couvert d’une autre culture (pois protéagineux de printemps ou avoine de printemps / pois fourrager et ou vesce commune et ou trèfle d’Alexandrie). Les campagnols aiment bien la luzerne et le trèfle violet ce qui peut expliquer parfois le problème de levée et de maintien de la luzerne. Les graines de chardons ont un petit parachute mais ne tombent pas très loin et le pouvoir germinatif du chardon est assez faible.

Le pissenlit (genre Taraxacum) devient une adventice lorsqu’il y en a de trop car elle a peu de matière sèche. Par contre, elle est très riche en minéraux (positif pour la santé animale). La graine de pissenlit a un petit parachute qui vole loin. 

La renoncule ou le bouton d’or. Il y a principalement la renoncule rampante, la renoncule des prés et la renoncule bulbeuse. Elle est un indicateur de ph acide et de terrain plus humide (excepté pour la renoncule bulbeuse) souvent présente dans les prairies à chevaux. Elle n’est pas bonne pour les animaux et est même toxique. Elle n’est pas toxique dans le foin.

Le plantain majeur dans les zones fort tassées et le plantain lancéolé dans les prairies de fauche. Trop de plantain n’apporte pas de rendement mais en avoir un peu est bon pour la santé animale (on en ressème dans les mélanges) car il très riche en minéraux et il est un indicateur de sols vivants. Par contre, c’est un indicateur de sol pauvre.

L’ortie est nitrophile ou pousse dans les vergers haute tige dans les zones ombragées. On la fauche et on fait des sursemis pour la maîtriser.

La cardamine des prés est une plante indicatrice de sol acide et la cardamine hérissée est gênante dans les nouvelles prairies dans l’installation d’un nouveau semis. Les graines sont jetées. Après fauchage et pâturage elles ne sont plus un souci.

Le mouron des oiseaux est une plante indicatrice d’une terre bien fumée et très riche avec des graines oléagineuses qui vivent longtemps dans le sol. Pour la maîtriser, il faut avoir des prés bien hersés et pas trop d’azote à action rapide. Dans les jeunes semis, le mouron est plutôt embêtant.

Graminées : le chiendent rampant (plante à rhizome) et l’agrostide (plante à rhizome) hyper allélopathique (par contre présente dans les semis pour les golfs) et fait très peu de feuilles. On la retrouve souvent par exemple dans des « prés à moutons » jamais hersés.

En région herbagère on a le pâturin annuel dans les prairies de fauche. Il faut herser la prairie pour l’éliminer. En général, on conseille de faire un sursemis après 4 ans et de herser au moins une fois au printemps. Tout ce qui s’arrache doit s’arracher quand on herse dans de bonnes conditions.

La grande Berce (ombellifère) se retrouve généralement dans les prairies uniquement de fauche car elle ne supporte pas le piétinement.

Quelles sont les causes de l’apparition de plantes indésirables en prairie?

Le compactage est surtout la cause de l’apparition de rumex et de plantain majeur. Le passage avec du matériel lourd, une charge au pâturage élevée ou les endroits d’affourragement sont les endroits où il y a du compactage. Il existe du matériel de décompactage de prairie. Le passage avec des outils à dents, ailettes et disques comme par exemple l’herbaflore de chez Actisol offrent des conditions moins favorables au rumex.

L’azote à action rapide, comme les lisiers, purins, fumiers de volaille et engrais minéraux. La vie microbienne du sol nécessite un bon équilibre entre les protéines et les sucres. Le lisier est principalement constitué de protéines. Lorsqu’on utilise du fumier composté on obtient un meilleur équilibre entre les sucres et protéines. Le déséquilibre au niveau de l’alimentation des microorganismes provoque une structure plus verticale qui est favorable aux racines à pivot. De plus, le rumex est capable d’assimiler de l’azote sous forme ammoniacale.

Dans des gazons trop clairs, il est conseillé de faire un sursemis. Il faut éviter d’avoir des vides.

Il peut y avoir un stock semencier (semences dans le sol) déjà présent dans une prairie. L’introduction de semences de plantes indésirables peut également se faire par l’apport d’engrais de ferme (fumier ou lisier frais). En effet, les graines de rumex passent le système digestif des vaches et n’y sont pas détruites. On recommande de composter le fumier (on vide le fumier sur une partie de sa prairie et on fait passer une machine qui retourne et aère le compost ce qui va provoquer un réchauffement du tas qui va détruire les graines de rumex). Deux retournements sont recommandés pour détruire également les semences qui se trouveraient sur les flancs qui ne chauffent pas. Il faut un fumier suffisamment pailleux pour réaliser un bon compost.

Les semences  et les fourrages (en général bien contrôlés)  produits soi-même ou achetés et le lisier ou fumier produit soi-même ou acheté peuvent contenir des semences d’adventices.

L’acidité du sol vient de la roche mère. Par exemple, sur des sols contenants de la roche calcaire soluble ou en Hesbaye sur de la marne on a des terres avec un bon équilibre. Sur du schiste on a des sols plus acides qui vont favoriser certaines plantes (rumex, renoncule, cardamine). En Ardenne, l’acidité vient de la roche mère et on n’arrivera pas à faire rééquilibrer le sol comme dans d‘autres régions. Il faut donc apporter régulièrement du calcium pour alimenter les microorganismes et la plante et pour limiter la toxicité de l’aluminium et du manganèse. Apporter de la chaux régulièrement va calmer la toxicité.

Le type de gestion des prairies peut-être une cause de l’apparition de plantes indésirables. Selon qu’on a une prairie de fauche ou de pâture, le type de gestion est différent. L’idéal c’est d’alterner fauche/pâture.

Les chevaux peuvent être source d’adventices. Les chevaux font des crottins à la même place, ce qui crée des zones de refus (zones dans une prairie que les animaux ne mangent pas). Il est donc recommandé d’herser les crottins. De plus, le cheval coupe l’herbe très ras ce qui provoque rapidement du surpâturage (excès de pâturage).

Un surpâturage peut provoquer des vides et donc l’apparition d’adventices.

Le contrat : beaucoup de propriétaires de prairies ne veulent pas faire « bail » avec l’agriculteur et font de la vente d’herbe. Beaucoup d’agriculteurs ne savent pas si ils auront encore la prairie d’une année à l’autre. La gestion des adventices se fait sur du long-terme. Il y a également beaucoup de terrains communaux avec redistribution à moyen terme des terres.

Le cas du rumex :

Il existe une grille d’évaluation pour le rumex (Agridea (fibl)) :

  • Jusque 0,25 plantes/m2: Intervention manuelle possible ou des zones localisées à 1 plante/m2.
  • De 0,25 à 0,5 plantes/m2: intervention manuelle progressive, faucher les hampes florales (tige de la plante), pas trop bas à 6 cm afin d’épuiser le rumex et d’éviter qu’il fasse des nouveaux rejets. En prairie, la faucheuse de refus est l’idéale (6 cm).
  • >0,5 plantes/m2: intervention manuelle ingérable, if faut prendre des dispositions.

Attention : Quand on labour, le rumex se met dans le fond de la raie de labour. Le rumex repousse mais sa racine est couchée dans le fond de la raie de labour et si on veut l’arracher à la main on risque de casser la racine et donc de la laisser en terre.

Moyens préventifs :

Il est intéressant de faire une analyse de la terre pour évaluer le taux d’acidité de la prairie et de maintenir une alimentation régulière pour avoir toujours du calcium disponible. Il est conseillé d’herser les prairies dans de bonnes conditions et pas en périodes de stress et de garder un gazon fermé. Pour cela, un sursemis fin août /début septembre (ou au printemps) en fonction des conditions climatiques est conseillé. Pour réussir un sursemis, il faut de la pluie après celui-ci et rouler ou pâturer la prairie pour avoir un bon contact sol/graine. Quand c’est possible, l’idéal c’est d’alterner la fauche et le pâturage. Le pâturage tôt au printemps, également appelé pâturage sur gazon court est intéressant car les jeunes pousses de rumex seront mangées par les vaches. Par contre, il faut éviter le  surpâturage et donc tourner sur gazon court. Il ne faut pas oublier de faire des stocks de fourrages. On peut aussi privilégier le compost comme fertilisant qui va favoriser les légumineuses (cela permet un meilleur équilibre graminées/légumineuses) et ça va nourrir les micro-organismes (cellulose de la paille pour le sucre, protéine et azote). Le lisier et/ou le purin vont nourrir le rumex car il y a beaucoup d’ammoniaque, donc c’est à utiliser avec modération. Il est aussi important de ne pas faucher trop bas car cela favorise les rejets de rumex.

Les moyens curatifs :

L’arrachage manuel du rumex au fer à rumex permet d’aller chercher à 10 cm la racine de rumex.

Bêche à rumex 1Bêche à rumex 2

 

 

 

 

 

 

Fer à rumex

Cela prend du temps. Cette méthode originale permet de suivre ses parcelles de manière méthodique, c’est le cas du pâturage au fil. On peut retirer le rumex chaque fois que l’on avance le fil (dans les limites du possible). Il faut bien arracher la racine du rumex et avoir des semences pour prairie pour ressemer dans les trous afin d’éviter que d’éventuelles racines de rumex ne repartent avec la lumière (sursemis). On peut aussi faire pâturer des chèvres ou des moutons qui mangent mieux le rumex.

Le trèfle violet peut être problématique car il libère des substances par ses racines et provoque la germination des graines de rumex. Il est important de décompacter les prairies avec des outils à dents, ailettes et disques. On peut également utiliser une écimeuse (en culture par exemple), la technologie est assez récente (ex. Combcut). Pour certains il est intéressant de travailler en lune montante. La lune descendante c’est bon pour les repiquages et donc la lune montante est bonne pour l’arrachage. C’est une technique auquel on croit ou on ne croit pas. La biodynamie est également une pratique possible. Quand il a trop de rumex dans une prairie, on peut mettre la prairie en rotation. Par contre, on ne peut pas détruire une prairie permanente quand on veut : il y a des dates : entre le 1er février et le 31 mai.

L’idéal est un déchaumeur avec des pointes à ailettes pour dégazonner et affaiblir la prairie, on l’aide à décomposer le gazon. S’il n’y a pas de rumex ni de chiendents, on peut utiliser un déchaumeur à disque, sinon ça va multiplier le rumex et le chiendent. De même, le peloir de la charrue multiplie le rumex, car le peloir coupe dans son collet et il va se multiplier par les débris de racine qui seront capables de reprendre. Les charrues agronomiques (ressemble à un polysocs réversible) évitent cela (travaille à 15-20 cm sous la terre et ne possède pas de peloir.

Les espèces à semer dans la rotation sont certaines céréales concurrentielles au rumex comme le seigle, l’avoine (allélopathique), les méteils à ensiler (triticale, avoine, pois ou avoine, pois, vesce) sont très concurrentiels. En inter-culture on peut implanter des crucifères ou du sarrasin.

Lors du travail du sol, il faut éviter les fraises. Une machine permet de faire ressortir du sol toutes les racines pour les faire sécher : c’est un rotor inversé (Kvik-up, Vario Digger,…) qui vont faire retomber les rhizomes sur le sol. Le travail du sol permet de faire des faux semis. Il existe des moissonneuses avec récoltes de menues pailles (petites pailles, graines), qui permet d’éviter aux graines d’adventices et de céréales d’être replantées. Il faut combiner différentes techniques et utiliser le matériel disponible et accessible. Il ne faut pas intervenir de manière trop radicale sur une trop grande surface à la fois, ça doit rester gérable. Il faut aussi bien choisir le mélange prairial avec des espèces concurrentielles qui répondent aux caractéristiques de son exploitation.  Des maisons de semences proposent des mélanges avec des chicorées fourragères (du genre Cichorium) dans les prairies de pâture (racine très puissante et concurrentiel au rumex).

Conclusion :

Il est important de garder de la biodiversité en prairie. Il existe des espèces intéressantes pour la santé animale. On s’en sert en homéopathie animale. Par exemple, certaines plantes contiennent des tannins (lotier corniculé) et sont vermifuges, d’autres contiennent des oligoéléments. Elles peuvent donner du goût et caractériser les fromages ou les  viandes.

 

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